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Portrait d’une cavalière : L’art du dressage.

Il y a quelques mois de ça, je suis allée prendre des photos d’une amie qui fait du cheval, j’ai pu assister à un moment de complicité entre elle et sa jument. Elle a bien voulu se prêter au jeu et je la remercie. J’ai aimé ce moment intime de la préparation, dans le calme et la concentration … Je te présente donc Camille et Pia pour une petite interview à la découverte de son sport, sa passion.

neg718Peux-tu nous en dire plus sur le dressage ?  Le dressage est une discipline olympique qui consiste à faire évoluer un couple cavalier-cheval dans ce que l’on appelle un carré de dressage (qui est en fait un grand rectangle de sable; oui c’est logique) en enchaînant des figures (ou des airs) dans un ordre imposé ou non.

La pratique du dressage prend racine à la Grèce antique avec Xénophon, en passant par l’équitation militaire à travers les âges et particulièrement à la Renaissance, c’est donc une quantité astronomique de savoirs et d’expériences qui ont fait évoluer cette discipline. Il faut aussi savoir que le dressage, bien que pratiqué comme un sport, est en fait un art doublé d’une maîtrise technique, un peu comme un art martial quoi.

Le but du dressage est d’obtenir un couple « dansant » de manière élégante, en faisant ressortir la grâce et la puissance d’un cheval, tout ça grâce à l’intervention discrète, voire invisible du cavalier. Ce qui est apprécié dans une reprise de dressage c’est de voir la légèreté du cavalier, avec un cheval décontracté, souple, en équilibre dans sa locomotion. Ce qui est malheureusement rare en compétition car la course à la médaille pousse souvent les cavaliers à brimer et forcer leur chevaux au delà de leurs limites physique au détriment de leur mental et leur bonne santé, c’est une controverse très actuelle d’ailleurs dans le milieu équestre.

neg713Quelles raisons t’ont poussé à pratiquer cette discipline ? J’ai commencé à poney à 6 ans, ça fait donc 27 ans que j’ai commencé à monter (je te laisse faire le calcul de mon âge…). Jusqu’à l’âge de 16 ans je faisais de la compétition d’obstacle jusqu’à ce que je chute avec ma jument de concours à l’entraînement, elle m’a roulé dessus et j’ai eu la 6ème vertèbre dorsale fracturée. je m’en suis bien sortie mais j’ai pratiquement arrêté l’obstacle et je me suis consacrée au dressage et aux randonnées à cheval, et ça m’allait car finalement j’ai toujours préféré le dressage, même avant mon accident.

Dans les écuries où je monte, on pratique l’équitation de tradition classique, qui découle des enseignements de Baucher, La Guérinière, Nuno Oliveira ou encore Philippe Karl. Grâce à mon enseignant Philippe Rapin, je me suis perfectionnée la-dedans, mais j’ai encore beaucoup d’années de travail ! Ce qui me plait dans le dressage c’est que c’est un travail qui demande de longues années d’entrainement avant de mener un cheval aux airs de Haute-Ecole, le dressage c’est la base de tout, sans ça tu ne peux pas avoir un bon cheval d’obstacle ou de cross.

J’aime aussi parce que c’est à la fois un art car il y a une recherche esthétique dans l’équilibre et la grâce d’un cheval et en même temps c’est une technique parce que ça demande beaucoup de maîtrise de la part du cavalier, de concentration, les gestes du cavalier doivent être les plus infimes possible, c’est une écoute mutuelle de la moindre demande. Le but étant d’arriver à une fusion totale entre le cavalier et son cheval, ce qui ne peut arriver que lorsque ton cheval a été bien traité et écouté durant toutes les années de travail en duo. C’est là que tu as l’impression de voler. C’est un peu le nirvana du cavalier, comme dans Point Break où ils veulent tous surfer la plus grosse vague de leur bled (hu hu hu) . Je n’ai eu la chance de connaître ça qu’un seule fois durant un stage. C’était en montant Sampaio, le cheval d’un grand cavalier, Philippe Karl, que j’admire pour son travail. C’était magique.

neg714 Quel est ton meilleur souvenir avec Pia ? Bon maintenant je peux dire que c’est un bon souvenir mais sur le moment je faisais pas trop la mariolle. Je n’avais Pia que depuis 1 an. C’était un jour où Pia a fait une colique, c’est un bouchon intestinal, c’est très redouté car ça peut être très grave. J’étais en panique bien sûr j’ai mis Pia dans un box, elle a reçu des calmants en attendant le véto et elle s’est couchée au sol sous l’effet de la douleur. Elle souffrait beaucoup et je me suis assise à coté d’elle, et elle a posé sa grosse tête dans mes bras et sur mes genoux et ça m’avait touché parce qu’elle acceptait ma présence et je me suis dit qu’elle me faisait assez confiance pour me laisser entrer dans sa bulle même très mal en point. Tout est rentré dans l’ordre après, on était soulagés.

neg705Combien d’heures consacres-tu à ta jument ? C’est variable, là je me suis fait une entorse du genou donc je n’y passe pas autant de temps que d’habitude. Mais disons que tous mes jours de repos j’y consacre environ 2 h, parfois plus. Je travaille de nuit, donc je peux y aller en moyenne 3 ou 4 x/semaine.

Et sinon tu crois aux licornes? Bien sûr que non ça n’existe pas. Dommage d’ailleurs. Mais je voue un culte à un petit poney noir qui sème le chaos sur Terre.neg648

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